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IPv6 (Internet Protocol version 6) est le successeur du protocole IPv4, qui forme encore (en 2008) la base de l'Internet.
Pourquoi un nouveau protocole IP ?Le protocole IPv4 permet d'utiliser un peu plus de quatre milliards d'adresses différentes pour connecter les ordinateurs et les autres appareils reliés au réseau. Du temps des débuts d'Internet, quand les ordinateurs étaient rares, cela paraissait plus que suffisant. Il était pratiquement inimaginable qu'il y aurait un jour suffisamment de machines sur un unique réseau pour que l'on commence à manquer d'adresses disponibles. Une grande partie des quatre milliards d'adresses IP théoriquement disponibles ne sont pas utilisables, soit parce qu'elles sont destinées à des usages particuliers (par exemple, le multicast), soit parce qu'elles appartiennent déjà à des sous-réseaux importants. En effet, d'immenses plages de 16,8 millions d'adresses, les réseaux dits de classe A, ont été attribuées aux premières grandes organisations connectées à Internet, qui les ont conservées jusqu'à aujourd'hui sans parvenir à les épuiser. C'est pourquoi il y a aujourd'hui, principalement en Asie, une pénurie d'adresses que l'on doit compenser par des mécanismes comme la Traduction d'adresse et de port réseau (NAPT) et l'attribution dynamique d'adresses, et en assouplissant le découpage en classes des adresses (CIDR). Au vu de l'importance et de la croissance d'Internet, cette situation pose de plus en plus de problèmes. Il est de plus prévisible que la demande d'adresses Internet va augmenter dans les années à venir, même dans les régions du monde épargnées jusqu'ici, suite à des innovations comme les téléphones mobiles (et bientôt, sans doute, les automobiles et divers appareils) connectés à Internet. C'est principalement en raison de cette pénurie, mais également pour résoudre quelques-uns des problèmes révélés par l'utilisation à vaste échelle d'IPv4, qu'a commencé en 1995 la transition vers IPv6. Parmi les nouveautés essentielles, on peut citer :
HistoriqueD'abord nommé SIPP, celui-ci a été choisi en 1994 parmi plusieurs candidats et a reçu en 1995 son nom définitif d'IPv6 (IP version 6). Au début de février 2008, l'ICANN a commencé à ajouter des adresses IPv6 à 6 des 13 serveurs DNS racines[1]. Utilisation d'IPv6L'ICANN a annoncé le 20 juillet 2004 que les enregistrements de type AAAA référençant les adresses IPv6 des serveurs de nom des country code Top Level Domain (ccTLD, ou domaines nationaux de premier niveau) .jp (Japon), .kr (Corée du Sud) et .fr (France) deviennent visibles dans le fichier de zone des serveurs DNS racines). L'un des premiers réseaux français à utiliser IPv6 est RENATER, depuis 1996. Le premier fournisseur d'accès à Internet (FAI) français à avoir mis à disposition de ses clients un accès IPv6 natif est Nerim dès mars 2003[2]. Orange (précédemment connu sous le nom de Wanadoo) a proposé à partir de juin 2005 une expérimentation IPv6[3] pour les particuliers, mais aucune nouvelle inscription n'est acceptée, pour une durée indéterminée, et le webforum de l'expérimentation a été fermé. L’opérateur Free.fr propose[4] gratuitement depuis le 12 décembre 2007 une connectivité IPv6 à ses utilisateurs dégroupés. Cette connectivité est assurée via une encapsulation en 6rd (technologie de transition développée par Rémi Després) au niveau de la Freebox. La quasi-totalité des FAI français disposent de ressources IPv6 pour la gestion interne de leur réseau, ils sont connectés au backbone IPv6, et proposent même aux clients professionnels des offres de connexion IPv6. Nombre de routeurs matériels sont déjà compatibles IPv6, ou peuvent être mis à jour facilement par chargement d'un système d'exploitation ou firmware pour prendre en charge le protocole. Certains FAI hésitent encore à proposer la connectivité IPv6 sur les accès des clients finaux particuliers, craignant des problèmes de compatibilité avec les modems et routeurs déployés. Cependant, une simple configuration du routeur du FAI suffirait à autoriser ou filtrer les trames IPv6 vers le client en fonction de son profil de connexion. Pourtant, il n'existe normalement aucun risque de collision de paquets de données entre IPv6 et IPv4 puisque ceux-ci sont encapsulés dans les mêmes trames de liaison mais avec des numéros de protocole réseau distincts ; il faut noter que :
Enfin IPv6 s'impose parfois comme unique moyen d'interconnexion avec les terminaux mobiles itinérants en Asie ; il le sera aussi rapidement en Europe quand les anciennes solutions d'interconnexion basées sur les anciens standards WAP et l'adressage GSM devront être remplacées par des solutions IP et qu'il deviendra alors impossible d'adresser un nombre important de terminaux mobiles avec un adressage IPv4 (même avec NAPT). IPv6 s'avèrera rapidement incontournable simplement pour des raisons d'interopérabilité, et il n'y a aucune raison de freiner son développement, d'autant que :
Les marchés publics rendent l'utilisation d'IPv6 obligatoire, notamment dans les Etats de l'Union européenne, ainsi qu'aux Etats-Unis d'Amérique[7]. En 2008, l'Union européenne est la région du monde qui utilise le plus d'adresses IPv6[8]. Adresses IPv6Une adresse IPv6 est longue de 16 octets, soit 128 bits, contre 4 octets (32 bits) pour IPv4. On dispose ainsi d'environ 3,4 × 1038 adresses, soit 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456, soit encore, pour reprendre l'image usuelle, plus de 667 132 000 milliards (6,67 × 1017) d'adresses par millimètre carré de surface terrestre. On abandonne la notation décimale pointée employée pour les adresses IPv4 (par exemple
La notation canonique complète ci-dessus comprend exactement 39 caractères. Les 64 premiers bits de l'adresse IPv6 (préfixe) servent généralement à l'adresse de sous-réseau, tandis que les 64 bits suivants identifient l'hôte à l'intérieur du sous-réseau : ce découpage joue un rôle un peu similaire aux masques de sous-réseau d'IPv4. Différentes sortes d'adresses IPv6 jouent des rôles particuliers. Ces propriétés sont indiquées par le début de l'adresse, appelé préfixe.
IPv6 en pratiqueEn pratique, des serveurs web existent en IPv6 dans 26 pays [10]. Existent également des serveurs en IPv6 proposant des services courants, tels que FTP ou IRC. On peut accéder aux services IPv4 depuis des machines qui disposent de la double pile IPv4 et IPv6, ou via une passerelle. Tous les principaux systèmes d'exploitations (Linux, Mac OS X, Windows XP, Windows Vista, *BSD, Solaris, HP-UX, etc.) peuvent utiliser IPv6, et c'est également le cas d'autres systèmes embarqués, tels que Symbian, QNX, Windows Mobile, Wind River, ou Elmic Systems. En Europe, le réseau de recherche universitaire pan-européen GÉANT, interconnectant les réseaux nationaux de la recherche et de l'enseignement (NREN), utilise une double pile (IPv4 + IPv6). Dix-huit des NREN sont connectés nativement en IPv6. IPv6 est également utilisé par le département de la défense des États-Unis d'Amérique, état membre de l'OTAN. L'entreprise Microsoft a lancé 3 degrees, un nouveau type d'application poste à poste, qui utilise IPv6 de façon transparente pour l'utilisateur. Le décollage commercial de l'IPv6 tarde actuellement, car les FAI ne sont pas prêts à payer un surcoût de transition s'il n'existe pas une demande des utilisateurs. Les FAI se sont déjà équipés de matériel capable de prendre en charge l'IPv6, mais des coûts sont liés aux formations du personnel entre autres. Après la transition, IPv6 devrait entraîner des baisses de coût, pour les FAI, IPv6 revenant moins cher de 30 à 35 % par rapport à IPv4[réf. nécessaire]. Les utilisateurs finaux ne demandent pas à leur FAI IPv6, car il n'existe pas d'avantage immédiat, mais l'une des applications phare pressentie pour tourner sur IPv6 est la voix sur IP : dans un contexte où la téléphonie mobile et le dégroupage total se développent, le besoin en adresses augmente. Des appareils photos ou caméras IPv6 sont également disponibles à destination des marchés orientaux. Des routeurs et routeurs ADSL IPv6 arrivent maintenant sur le marché, à des prix abordables, notamment grâce aux vendeurs 6WIND, Alcatel, Cisco, Juniper, Hitachi. Accès à IPv6La manière la plus simple d'accéder à IPv6 est lors de l'abonnement de choisir un FAI qui offre de l'IPv6. En France, Nerim fournit de l'IPv6 depuis mars 2003, Free depuis le 12 décembre 2007. En Suisse, 9 FAI fournissent de l'IPv6. Au Japon, NTT commercialise différentes offres de services IPv6 [11]:
NTT commercialise également le Flet's phone. Si votre fournisseur ne vous propose pas encore de connectivité IPv6, il est possible d'obtenir une connectivité IPv6 via un tunnel. Les paquets IPv6 sont alors encapsulés dans des paquets IPv4, qui peuvent traverser le réseau du FAI jusqu'à un serveur où ils sont décapsulés.
Matériel IPv6Pour permettre aux consommateurs de facilement identifier les matériels compatibles IPv6, un logo est en cours de création, et une liste des machines candidates pour porter ce logo est disponible [12]. La plupart des candidats sont des produits japonais, bien que la liste contienne quelques produits taïwanais, états-uniens, coréens ou chinois, indiens, danois et français. Les équipements présents dans la liste sont de type « Ethernet Routing Switch » ; « Jetdirect Print Server » ; « Mobile IPv6 Home Agent equipment » ; « WiFi Dual Interface Mobile Phone » ; « Time Server » ; « 802.11 b/g wireless router » ; « Linux 2.6.15/2.6.20 » ; « IPv6 VoIP Call Server ». Applications IPv6Les applications reliées au réseau doivent être modifiées pour être compatibles avec IPv6. De nombreuses applications ont déjà été portées [13]. C'est en particulier le cas de Apache, serveur Web, du noyau Linux, et Wireshark, sniffeur de paquets. Microsoft Windows supporte également l'IPv6. Une première pile TCP/IP compatible a été développée pour Windows 2000 par Microsoft Research, à titre expérimental. Windows XP RTM intègre le support de l'IPv6, mais celui-ci est encore marqué comme expérimental et n'est pas installé par défaut. C'est à partir du Service Pack 2 de Windows XP que l'IPv6 sous Windows devient pleinement supporté (mais toujours non installé par défaut). Enfin, Windows Vista supporte l'IPv6 dans sa configuration par défaut, expose les réglages IPv6 dans l'interface graphique sur le même plan que les réglages IPv4, et utilise une nouvelle pile TCP/IP dual stack au lieu d'une pile indépendante pour l'IPv6. Références
Voir aussiArticles connexes
Liens externes
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