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L'existence désigne le fait d'être, d'être de manière réelle.
L'existence en philosophieL'existence en métaphysiqueExister c'est être; être c'est exister. Ainsi l'existence est-elle quelque chose d'immédiat, qui constitue le commencement de tout.
La connaissance de ce qu'est l'existence est ainsi issue originellement de l'existence même. Chacun aurait donc un savoir immédiat de l'immédiat. Ces points soulèvent quelques-unes des difficultés fondamentales de la philosophie :
L'origine métaphysique de l'existenceDans cette dernière distinction, on peut estimer que la philosophie a traditionnellement choisi l'être au détriment de l'existence, ce qui se traduit par la formulation d'Aristote : L'objet éternel de toutes les recherches présentes et passées, le point toujours en suspens : qu'est-ce que l'être ? revient à demander qu'est-ce que la substance ?(Métaphysique, Z, 1, 1028 b 5) À la suite de Platon, la recherche d'Aristote se porte donc sur l'essence, et non sur l'existence, et l'existence serait ainsi occultée : l'existence doit toujours métaphysiquement se penser par rapport à l'essence ; l'essence est la condition d'intelligibilité de l'existence. De ce point de vue essentialiste, il découle plusieurs conséquences importantes :
Or, cette métaphysique pose un problème très simple : si l'existence dépend à ce point de l'essence (définition, intelligibilité, structure de l'être, raison d'être, etc.) alors pourquoi quelque chose existe-t-il en dehors de l'essence ? Existence et existentialismeFace à ces problèmes, on peut vouloir penser l'existence d'une manière autonome, indépendamment de l'essence. C'est le renversement existentiel de la métaphysique : le fait d'exister devient le point de départ de la pensée, ce qui donne sens véritablement à notre expérience. C'est l'existence sans essence, i.e. sans raison et sans hiérarchie. L'existence, dans la métaphysique occidentale, est en-dehors du concept : en ce sens, on ne peut lui reprocher d'avoir ignoré l'existence, puisque l'existence est simplement ce qui échappe à l'essence : l'existence ne se déduit pas du concept, elle n'est pas un prédicat mais une position -ce qui est posé ici et maintenant (cf. Kant). La réalité de l'existence peut être appréhendée de manière affective (cf. la sensibilité chez Rousseau), indépendamment de la raison, i.e. que ce qui en est saisit ne se déduit pas de l'essence, n'est pas démontrable, est irréfutable (Nietzsche) et semble donc surtout un phénomène irrationnel. Mais cette conscience affective peut être conçue comme une « humeur » (Stimmung, cf. Heidegger) a priori, i.e. une tonalité de l'existence qui précède la saisie des choses dans leur particularité. Cette tonalité est alors contemporaine de ce qui est appelé « ouverture au monde. »
Dans les philosophies de l'existence, la liberté est un absolu, l'essence indépassable de l'existence. Mais cette liberté ne peut être son propre fondement, car il y a une facticité originaire de la liberté qui en révèle donc la finitude insurmontable. La liberté est néanmoins l'homme même, son existence et elle définit la condition humaine : nous sommes condamnés à la liberté, nous y sommes jétés, exactement comme nous sommes jetés-là dans le monde. Nature de l'existence des objetsExistence du passé"Le passé n'existe que par les traces qu'il a laissées dans le présent" (Paul Valéry) La symphonie oubliée On sait que, vers la fin de sa vie, Mozart a écrit une symphonie qui n'a jamais été jouée et dont le manuscrit a été perdu. Cette symphonie existe-elle encore aujourd'hui "quelque part", ou est-elle néant absolu ? L'existence en logiqueLe concept d'existence a connu un renouvellement important grâce aux développements de la logique mathématique avec Frege que Russell a ensuit repris et développé dans un célèbre article On Denoting. Le grand apport de Frege est l'introduction d'un nouveau quantificateur en logique Pour Frege affirmer l'existence d'un objet ne consiste pas à lui attribuer une nouvelle qualité ou prédicat. La phrase "il existe une montagne d'or" ne signifie pas qu'on doive attribuer deux qualités à cette montagne a) qu'elle est en or et b) qu'elle existe. Dire d'un objet qu'il existe n'est donc nullement une prédication selon Frege mais revient à affirmer que l'ensemble des objets qualifiés de "montagne d'or" n'est pas vide. MathématiquesPrenons un exemple : imaginons que notre univers soit un plan dans lequel toutes les créatures soient des vers plats. Dessinons une main gauche et une main droite. Dans un plan, il n'y a aucun moyen de passer du dessin de l'un à celui de l'autre. Mais le ver plat peut imaginer une 3e dimension perpendiculaire aux 2 autres qui va lui permettre de faire une rotation tridimensionnelle imaginaire de façon à transformer un dessin de main droite en un dessin de main gauche. Etendons maintenant cet exemple à l'être humain : par une rotation dans un espace à 4 dimensions nous pourrions transformer un gant droit en un gant gauche. Nous ne pouvons le faire et cela prouve bien que la 4e dimension est imaginaire par rapport aux 3 autres. Mais cela n'empêche pas de faire des calculs et de la géométrie à 4 dimensions. Qu'est-ce que la réalité par rapport à la perception que nous en avons? Les mathématiques vont au-delà du débat réel ou imaginaire, d'ailleurs le terme complexe veut dire réel et imaginaire.
Bibliographie
Voir aussi
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Mercedes Car
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