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Le Domain Name System (ou DNS, système de noms de domaine) est un système permettant d'établir une correspondance entre une adresse IP et un nom de domaine et, plus généralement, de trouver une information à partir d'un nom de domaine. À la demande de Jon Postel, Paul Mockapetris inventa le "Domain Name system" en 1983 et écrivit la première implémentation.
Associer une adresse IP et un nom de domaineLes ordinateurs connectés à un réseau IP, par exemple Internet, possèdent tous une adresse IP. Ces adresses sont numériques afin d'être plus facilement traitées par une machine. Selon IPv4, elles prennent la forme xxx.yyy.zzz.aaa, où xxx, yyy, zzz et aaa sont quatre nombres variant entre 0 et 255 (en système décimal). Selon IPv6, les IP sont de la forme aaaa:bbbb:cccc:dddd:eeee:ffff:gggg:hhhh, où a, b, c, d, e, f, g et h représentent des caractères au format hexadécimal. Il n'est pas évident pour un humain de retenir ce numéro lorsque l'on désire accéder à un ordinateur d'Internet. C'est pourquoi un mécanisme a été mis en place pour permettre d'associer à une adresse IP un nom intelligible, humainement plus simple à retenir, appelé nom de domaine. Résoudre un nom de domaine, comme par exemple fr.wikipedia.org, c'est trouver l'adresse IP qui lui est associée. Fichier HOSTSAvant le DNS, la résolution devait se faire grâce à un fichier texte appelé HOSTS, local à chaque ordinateur. Sous UNIX, il se trouve dans le répertoire /etc. Sous Windows, il se trouve par défaut dans %SystemRoot%\system32\drivers\etc. Dans ce fichier, chaque ligne correspond à une adresse IP à laquelle peuvent être associés un ou plusieurs noms de domaine. Ce système pose un problème de maintenance car le fichier doit être recopié sur tous les ordinateurs du réseau. On ne peut pas non plus organiser hiérarchiquement les domaines. C'est pour résoudre ce problème que Paul Mockapetris a mis au point le DNS en 1983. Résolution et résolution inverse avec DNSAvec DNS, la résolution se fait par l'intermédiaire d'un serveur. Quand un utilisateur souhaite accéder à un serveur web, par exemple celui de fr.wikipedia.org, son ordinateur émet une requête spéciale à un serveur DNS, demandant 'Quelle est l'adresse de fr.wikipedia.org ?'. Le serveur répond en retournant l'adresse IP du serveur, qui est dans ce cas-ci, 91.198.174.2. Il est également possible de poser la question inverse, à savoir 'Quel est le nom de domaine ou quels sont les noms de domaines de telle adresse IP ?'. On parle alors de résolution inverse (inverse query) ou de PTR Lookup en référence à l'enregistrement DNS de type PTR. Plusieurs noms de domaine peuvent pointer vers une même adresse IP et réciproquement. Technique du DNS Round-RobinLorsqu'un service génère un trafic important, celui-ci peut faire appel à la technique du DNS Round-Robin (en français tourniquet), qui consiste à associer plusieurs adresses IP à un nom de domaine. Les différentes versions de Wikipedia, comme fr.wikipedia.org par exemple, sont associées à plusieurs adresses IP : 207.142.131.235, 207.142.131.236, 207.142.131.245, 207.142.131.246, 207.142.131.247 et 207.142.131.248. Une rotation circulaire entre ces différentes adresses permet ainsi de répartir la charge générée par ce trafic important, entre les différentes machines, ayant ces adresses IP. Il faut cependant nuancer cette répartition car elle n'a lieu qu'à la résolution du nom d'hôte et reste par la suite en cache sur les différents resolvers (client DNS). Fully Qualified Domain NameLes noms d'hôtes sont identifiés de manière unique grâce à leur FQDN (Fully Qualified Domain Name, ou Nom de Domaine Pleinement Qualifié). Ils ont le format hôte.domaine.tld. où hôte correspond au nom d'hôte de la machine et domaine.tld. au domaine auquel l'hôte appartient (tld signifie ici Top Level Domain, c'est-à-dire l'ensemble des domaines situés directement sous la racine -root .- comme .fr. .com. ou bien .org.). fr.wikipedia.org., par exemple, est composé du domaine générique org, du domaine déposé wikipedia et du nom d'hôte fr. Le point final, facultatif dans la plupart des commandes, est indispensable en ce qui concerne le DNS. Ainsi, pour pinguer une machine ayant pour FQDN machine.domaine.tld., utiliser la commande ping machine.domaine.tld ne pose pas de problème, même si le FQDN est incomplet ; utiliser l'adresse avec le point final ping machine.domaine.tld. est plus juste et produit un résultat identique. De même, taper http://fr.wikipedia.org. à la place du plus classique http://fr.wikipedia.org dans la barre d'adresse des navigateurs web ne fait aucune différence, car avant d'effectuer la requête DNS, l'implémentation de la pile TCP/IP sous-jacente se charge de rajouter le point final nécessaire à la résolution de nom. À l'inverse, omettre le point final peut avoir des conséquences importantes avec certaines versions de BIND : spécifier dans le fichier de la zone domaine.tld. que l'hôte machine.domaine.tld a pour adresse IP 1.2.3.4 (à l'aide d'un enregistrement A, voir ci-dessous) revient en fait à spécifier que la machine a pour FQDN machine.domaine.tld.domaine.tld. Un système distribuéIl existe des centaines de milliers de serveurs DNS dans le monde entier. Chacun n'a en réalité à sa disposition qu'un ensemble d'informations restreint. Quand un hôte a besoin de résoudre un nom de domaine, il doit connaître l'adresse IP d'un ou plusieurs serveurs de noms récursifs, c'est-à-dire qui vont éventuellement faire suivre la requête à un ou plusieurs autres serveurs de noms pour fournir une réponse. Les adresses IP de ces serveurs récursifs sont souvent obtenues via DHCP ou encore configurés en dur sur la machine hôte. Les Fournisseurs d'accès à Internet mettent normalement à disposition de leurs clients ces serveurs récursifs. Quand un serveur DNS (par exemple, celui d'un fournisseur d'accès à Internet) doit trouver l'adresse IP de fr.wikipedia.org, une certaine communication s'instaure alors avec d'autres serveurs DNS. Tout d'abord, notre serveur demande à des serveurs DNS peu nombreux appelés serveurs racine quels serveurs peuvent lui répondre pour la zone org. Parmi ceux-ci, notre serveur va en choisir un pour savoir quel serveur est capable de lui répondre pour la zone wikipedia.org. C'est ce dernier qui pourra lui donner l'adresse IP de fr.wikipedia.org. Pour optimiser les requêtes ultérieures, la plupart des serveurs DNS (et notamment ceux des Fournisseurs d'accès à Internet) font aussi office de DNS cache : ils gardent en mémoire la réponse d'une résolution de nom afin de ne pas effectuer ce processus à nouveau ultérieurement. Un nom de domaine peut utiliser plusieurs serveurs DNS. Généralement, les noms de domaines en utilisent au moins deux : un primaire et au moins un secondaire. L'ensemble des serveurs primaire et secondaires font autorité pour un domaine, c'est-à-dire que la réponse ne fait pas appel à un autre serveur ou à un cache. Les serveurs des Fournisseurs d'accès à Internet fournissent des réponses qui ne sont pas nécessairement à jour, à cause du cache mis en place. On parle alors de réponse ne faisant pas autorité ((en)non-authoritative answer). Pour trouver le nom de domaine d'une IP, on utilise le même principe. Dans un nom de domaine, la partie la plus générale est à droite : org dans fr.wikipedia.org. Dans une adresse ip, c'est le contraire : 213 est la partie la plus générale de 213.228.0.42. Pour conserver une logique cohérente, on inverse l'ordre des quatre termes de l'adresse et on la concatène au pseudo domaine in-addr.arpa. Ainsi, par exemple, pour trouver le nom de domaine de l'adresse IP 91.198.174.2, on résout 2.174.198.91.in-addr.arpa, qui est un pointeur vers rr.knams.wikimedia.org. Cette architecture garantit au réseau Internet une certaine continuité dans la résolution des noms. Quand un serveur DNS tombe en panne, le bon fonctionnement de la résolution de nom n'est pas remis en cause dans la mesure où des serveurs secondaires sont disponibles. De plus, le DNS permet de mettre à jour l'adresse IP associée à un nom de domaine dans le monde entier facilement et assez rapidement (un délai de 48 heures est généralement suffisant, en fonction de la configuration du nom de domaine). Principaux enregistrements DNSLes principaux enregistrements définis par un DNS sont :
PTR recordÀ l'inverse d'une entrée de type A, une entrée PTR indique à quel nom d'hôte correspond une adresse IPv4. Si elle est spécifiée, elle doit contenir l'enregistrement inverse d'une entrée DNS A. Par exemple, cet enregistrement PTR :
correspond à cette entrée A :
MX recordUne entrée DNS MX indique les serveurs SMTP à contacter pour envoyer un courriel à un utilisateur d'un domaine donné. Sous Unix on peut récupérer les entrées MX correspondant à un domaine à l'aide du programme host(1) (entre autres). Par exemple: $ host -v -t MX wikimedia.org [...] ;; QUESTION SECTION: ;wikimedia.org. IN MX ;; ANSWER SECTION: wikimedia.org. 3600 IN MX 10 mchenry.wikimedia.org. wikimedia.org. 3600 IN MX 50 lists.wikimedia.org. On voit que les courriels envoyé à une adresse en @wikimedia.org sont en fait envoyés au serveur mchenry.wikimedia.org. ou lists.wikimedia.org.. Le nombre précédant le serveur représente la priorité. Normalement on est censé utiliser le serveur avec la priorité numérique la plus petite. Ici, c'est donc mchenry.wikimedia.org. qui doit être utilisé en priorité avec une valeur de 10. Les entrées MX sont rendues obsolètes par les entrées SRV qui permettent de faire la même chose mais pour tous les services, pas juste SMTP (le courriel). L'avantage des entrées SRV par rapport aux entrées MX est aussi qu'elles permettent de choisir un port arbitraire pour chaque service ainsi que de faire de la répartition de charge plus efficacement. L'inconvénient c'est qu'il existe encore peu de programmes clients qui gèrent les entrées SRV. NAPTR recordPeu répandus à l'heure actuelle (ils sont surtout utilisés par ENUM). Ils décrivent une réécriture d'une clé (un nom de domaine) en URI. Par exemple, dans ENUM, des enregistrements NAPTR peuvent être utilisés pour trouver l'adresse de courrier électronique d'une personne, connaissant son numéro de téléphone (qui sert de clé à ENUM). SOA recordCet enregistrement permet d'indiquer le serveur de nom faisant autorité, un contact technique et des paramètres d'expiration. Ces paramètres sont dans l'ordre :
Exemple d'une entrée SOA
maboite.com. IN SOA serveur.example.com contact.example.com (
200612301905 ;serial (version)
3600 ;refresh period
900 ;retry refresh this often
604800 ;expiration period
3600 ;minimum TTL
)
Les versions récentes de BIND (named) acceptent les suffixes M, H, D ou W pour indiquer un intervalle de temps en minutes, heures, jours ou semaines respectivement. Sécurité du DNSComme beaucoup de protocoles Internet, le DNS a été conçu sans se préoccuper de la sécurité. Il ne faut donc pas se fier au DNS pour arriver sur le bon serveur et c'est pour cela que des protocoles comme SSH font leur propre vérification (via la cryptographie). Les principales failles du DNS (décrites dans le RFC 3833) sont :
DNSSECPour contrer ces vulnérabilités, le protocole DNSSEC a été développé. Voir aussiArticles connexes
Liens externes
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