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Le backgammon est un jeu de tables de hasard raisonné pour deux joueurs qui se joue sur un tablier avec des dés.
Historique du jeu
La tabula ancêtre du backgammon joué dans la Rome antique sur une table dédiée et 15 pièces pour chaque joueur. Illustration médiévale de joueurs de Tabula (XIIIe siècle, Carmina Burana)
Le backgammon appartient à la famille des jeux de tables et fait partie, avec le jeu de go, des plus anciens jeux de société connus. En tant que jeu de parcours, son origine remonte à l'Égypte antique, à Sumer ou à la Mésopotamie. Des découvertes archéologiques récentes indiqueraient une naissance de ce type de jeu près de la frontière sud-est de l'actuel Iran, dans la province de Sistan-Baluchistan.[1] Ceci pourrait peut-être expliquer la persistance de l'utilisation orale de la numération persan("Ek" pour le chiffre "un", "Do" pour le chiffre "deux", "Tîn" ou "Sîn" pour le chiffre trois, "Tchâr" ou "Tchehâr" pour le chiffre "quatre", "Pânch" pour le chiffre "cinq", et "Tchhe" pour le chiffre "six") pour désigner les différentes combinaisons de dés (cette utilisation étant attestée jusqu'à nos jours au Moyen-Orient, en association avec les chiffres Turcs ("Besh" pour "cinq", "Iki" pour "deux", "Bir" pour "un")). C'est au dirigeant de l'empire Sassanide Bozorgmehr qu'est attribuée la plus ancienne version du jeu[réf. nécessaire]. On retrouve ce type de jeu dans la Grèce Antique, puis chez les Romains sous le nom de Ludus Duodecim Scriptorum, puis de tabula (table du jeu). Le jeu s'est popularisé dans le reste de l'Europe via l'Espagne musulmane. Les jeux de tables sont cités par Ovide, puis dans La Chanson de Roland et les poésies de Charles d'Orléans, etc. Un tablier et des pions sont représentés en bas et à droite du Triomphe de la Mort de Bruegel l'Ancien, peint vers 1562. En Grèce le backgammon est pratiqué sous le nom de portes et fait partie avec le plakoto et le fevga d'un ensemble de trois jeux de tables joués successivement appelé tavli. Très populaire au Moyen-Orient, il est connu en Turquie sous le nom de Tavla, en Arménie sous le nom de Tavlou, dans les pays du Mashreq (Irak, Syrie, Liban, Jordanie, Palestine) sous le nom de Tawla ou Tawlé, et en Israël sous celui de Chech Bech (mot composite, associant le chiffre "six" Indien ("Tchhe") et le chiffre "cinq" Turc ("Besh")). Le backgammon était anciennement connu en France sous l'appellation de toute table ou toutes tables et c'est sous cette dernière qu'il apparaît dans la liste des jeux de Gargantua (Livre I, Chapitre XXII) établie par Rabelais en 1534; ce n'est qu'après la chute de Napoléon Ier que l'appellation anglaise backgammon s'y est imposée[2]. Matériel
But du jeuLe but du jeu du joueur est de "sortir" tous ses pions du plateau, avant son adversaire. Chaque joueur essaie d'empêcher l'autre joueur d'avancer. Chaque joueur dispose de 15 pions de même couleur et d'une paire de dés de la couleur des pions. Faire effectuer à tous ses pions le tour du tablier et les sortir le premier. Les deux joueurs effectuent le tour du tablier en sens inverse. Un gros dé appelé dé doubleur ou "videau" est a la disposition des joueurs. Chacune des six faces de ce dé porte l'un des chiffres suivants: 2, 4, 8, 16. 32 et 64. Les places destinées aux pions figurent sur le plateau sous forme de triangles étroits appelés "flèches". Règles du jeu
Démarrage du jeuLes pions seront placés comme suit : Les cases 1 à 6 de chaque côté (1 à 6, et, 24 à 19 sur le dessin) sont appelées le jan (un jan par joueur), cette zone à beaucoup d'importance lorsqu'il s'agit de remettre des pions frappés en jeu ou de sortir les pions pour gagner. Le videau sera placé entre les deux joueurs (sur le bord du tablier ou sur la barre) affichant la valeur 64. Chacun lance un dé, le plus fort peut jouer la combinaison formée par les deux dés, en cas de double, on retire jusqu'à obtenir une valeur jouable. Déplacer les pionsChaque dé peut permettre de déplacer un pion d'un nombre de flèches égal au nombre de points affichés. Il faut pour que le déplacement soit possible que la case d'arrivée ne soit pas bloquée, c'est-à-dire contienne moins de deux pions adverses. Si la case contient un seul pion adverse (aussi nommé blot), on le frappe, voir plus loin. En cas de double, les dés sont joués deux fois (exemple : en cas de double 5, le joueur doit jouer quatre fois le 5). Si plusieurs dés sont joués sur le même pion les cases intermédiaires doivent être non bloquées pour jouer 9 soit 4 et 5 il faut que la 4e ou la 5e case soit non bloquée. Un ensemble de flèches, cases, consécutives bloquées s'appelle une prime ; la « prime de 6 » est particulièrement intéressante, car elle bloque tout pion. Frapper un pionNous l'avons vu, lorsque l'on aboutit à une case contenant un seul pion adverse, on le frappe, il se retrouve alors sur la barre centrale, du côté du joueur propriétaire du pion. Il doit alors faire le tour du tablier en entier. On peut frapper plus d'un pion par tour, un pion peut en frapper plusieurs. Les pions frappés seront empilés, ou alignés, sur la barre. Libérer un pionAussi longtemps qu'un joueur a au moins un pion sur la barre, il ne peut pas jouer ses autres pions. Pour libérer ses pions il doit jouer un nombre de points lui permettant d'atteindre une case non bloquée du jan adverse (1 correspond à la case en bordure du tablier, 6 à la plus proche de la barre). Sortir ses pionsUne fois tous les pions dans son jan, on peut commencer à les sortir (du jeu). Les pions sortis n'interviennent plus dans le jeu. Si un pion ou plusieurs pions sont « frappés » on est obligé d'attendre qu'ils soient revenus dans son jan avant de pouvoir sortir d'autres pions. Contraintes de jeu
S'il ne peut absolument pas jouer le plus élevé, alors seulement il est autorisé à jouer le plus petit.
DoublerAvant son tour, à condition que le videau soit au milieu ou chez lui, un joueur peut demander le double, il présente alors à son adversaire la valeur double de la précédente (le 64 du départ représente un x1). Celui-ci peut accepter le videau (et accepter l'augmentation des mises induites) ou le refuser (et perdre un nombre de points égal au précédent multiplicateur). StratégieIl s'agit de trouver un compromis entre :
Plus le nombre de cases bloquées contiguës est important, plus la probabilité de blocage est importante. On appelle cela une "(semi) cravate" ou "prime". Lorsque la longueur des cases bloquées est de six, il est impossible à l'adversaire de sortir : il est prisonnier et doit attendre la détérioration de la structure de blocage. L'art du backgammon consiste à optimiser la probabilité de blocage de l’adversaire tout en minimisant sa propre probabilité de blocage.
Mathématiques et informatique appliquées au BackgammonL'algorithme dérivé et appliqué en informatique a été découvert par Gerald Tesauro, chercheur chez IBM dans son jeu appelé Td backgammon et utilisant la technique de programmation par réseau de neurones et la méthode du "Temporal difference learning" (voir lien en anglais ci-dessous). Dans son livre Learning from the Machine Bill Robertie versus TD-Gammon (The Gammon Press, ARLINGTON USA, 1993), le champion de Backgammon, Bill Robertie décrit de nombreuses parties qu'il a effectuées face à la machine programmée par Tesauro. Conseils
Dans le vôtre, elle aura à la fois un effet de blocage rendant plus compliquée l'extraction des pions adverses ,mais aussi elle permet de démarrer la construction de votre jan par la case la plus forte après la case 6 construite par défaut (d'où la primauté de cette case sur la case 7 dont l'intérêt est expliqué par la suite).
Jouer sur InternetLe premier serveur de backgammon pour jouer en ligne en temps réel sur Internet a vu le jour le 19 juillet 1992. C'est aujourd'hui le premier et le plus ancien serveur non-commercial. F.I.B.S. (First Internet Backgammon Server). Il est toujours un des meilleurs endroits pour jouer en ligne. Et il regroupe autour de lui, toute une communauté internationale de joueurs de backgammon, de tout niveau et tout horizon. D’autres jeux de tablesBien que le backgammon standardisé soit répandu partout par le biais d'internet, il existe de nombreux autres « jeux de tables ». En Grèce, par exemple, le « Tavli » (τάβλι) consiste à jouer successivement trois « jeux de tables » différents dont le premier est le backgammon, appelé « Portes » (πόρτες), le deuxième le « Plakoto » (πλακωτό), et le troisième le « Fevga » (φεύγα) qui est appelé « moultezim » en Turquie. Quelques jeux de tables :
Notes
Liens en français
Liens en anglais
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