5 décembre : Le chef d'état-major de l'armée française reprend sa place au sein du Comité militaire de l'OTAN, vingt-neuf ans après que le général De Gaulle s'en soit retiré.
23 novembre : En Tanzanie, l’ancien parti unique CCM remporte les élections législatives et présidentielle. Benjamin Mkapa devient président de la République (fin en 2005).
12 décembre : Premières inculpations pour crime contre l'humanité lancées par le tribunal international pour le Rwanda (TPR), siégeant en Tanzanie.
9 février, Mexique : Opération militaire au Chiapas qui reprend le contrôle de plusieurs municipalités occupées et repousse les guérilleros[1]. L’armée ne parvint pas à s’emparer des dirigeants du mouvement et le conflit se poursuit.
3 octobre : Acquittement surprise de O. J. Simpson aux États-Unis, au terme d'un procès ayant divisé le pays.
16 octobre : Marche des « Un million » d’Afro-américains sur Washington organisée par Nation of Islam, organisation politique et religieuse dirigée par Louis Farrakhan.
Afghanistan : Conclusion d'un nouvel accord de paix, immédiatement rompu sous la poussée militaire du nouveau mouvement des Taliban (étudiants islamistes pachtouns soutenus par le Pakistan).
Nouvelle Constitution en Thaïlande. Cette modification entraîne une nouvelle instabilité et une refonte des alliances politiques.
14 mars, Inde : Montée du nationalisme hindou. La Shiv Shena, alliée au BJP, remporte les élections au Maharashtra au dépends du Congrès. Le n° 2 de la Shiv Shena devient Premier ministre de l’Etat. La Shiv Shena annonce immédiatement son intention d’expulser les immigrants illégaux du Pakistan et du Bangladesh.
L’arrivée au pouvoir de la Shiv Shena au Maharashtra déclenche un mouvement de frayeur dans les milieux d’affaire de Bombay, milieu dominé par des Gujrati et des Parsis (non-Marathes). La bourse de Bombay (12 millions d’habitants) chute, les milieux d’affaire craignant que la Shiv Shena ne cherche à décourager les investissements étrangers. Le n° 1 de la Shiv Shena, Bal Thackeray, déclare que le projet de centrale thermique de 920 millions de dollars de la firme américaine Enron serait revu. Il invoque des motifs écologiques, affirmant par ailleurs que les investissements étrangers sont les bienvenus.
12 mai, Cachemire : Destruction de la ville sainte de Chahar-e charif. Cette ville qui abrite le sanctuaire de cheikh Noureddine, était avant la partition le symbole de la kashmiriyyat, l’identité cachmirie. L’armée indienne décide de nettoyer la ville d’une poignée de guérilleros séparatistes (12 mai). Les Indiens accusent le Pakistan d’avoir infiltré les guérilleros, qui aurait incendié la ville pour faire accuser l’armée indienne dans l’espoir de déclencher un soulèvement. Depuis 1990, les affrontements au Cachemire ont provoqué plus de 11 000 morts d’après les sources indiennes officielles.
17 mai, Tibet : Les autorités chinoises arrêtent avec sa famille, l'enfant de 6 ans, Gedhun Choekyi Nyima, reconnu par le 14eDalaï Lama, Tenzin Gyatso, comme successeur du 10ePanchen Lama. Le gouvernement chinois a « mis au secret » cet enfant dont on est toujours sans nouvelles. Un autre "panchen-lama" candidat est mis en place par Pékin.
24 mai, Thaïlande : Aux élections qui suivent la dissolution, une alliance de six partis, le Parti Chat Thaï (Front de développement thaï), remporte la majorité des sièges. Banharn Silpa Archa devient Premier ministre. Ce scrutin voit la montée en puissance des hommes d’affaires sur la scène politique, ceux-ci représentant 36% des candidats. Depuis 1995, les militaires ne constituent pas plus des deux tiers de la Chambre des représentants.
13 juin : Le roi du Népal prononce une nouvelle dissolution du Parlement, apparemment destinée à éviter l’épreuve d’un nouveau vote de confiance au gouvernement communiste, qui a été reconduit dans l’attente d’élections.
Juin, Corée du Sud[3] : fort de la campagne de « globalisation » présentée comme une mobilisation nationale face à la concurrence internationale, Kim Young-sam évince le chef de file des conservateurs, ce qui n’empêche pas la défaite de son parti (le Parti démocratique libéral) aux élections locales de 1995.
11 juillet : Bill Clinton annonce la normalisation des relations diplomatiques des États-Unis avec le Viêt Nam, sous réserve d’une coopération vietnamienne durable dans la recherche des Américains disparus pendant la guerre.
13 juin : Jacques Chirac annonce la reprise des essais nucléaires français sur les atolls de Moruroa et Fangataufa. En septembre, les premiers tirs de cette dernière série provoquent des émeutes à Papeete. Le dernier tir est effectué fin janvier 1996 avant la signature d’un traité d’interdiction des essais nucléaires.
Le gouvernement de Nouvelle-Zélande propose un accord global qui devrait selon lui régler toutes les questions territoriales en suspens, mais celui-ci se heurte à l’hostilité des Māori. Le problème des droits territoriaux provoque en 1995 et en 1996 des sit-in, des occupations de locaux et des manifestations en grand nombre., Certaines tribus māori acceptent une compensation financière. La reine Élisabeth II, en visite en 1995, présente des excuses officielles aux Tainuis de Waikato pour la confiscation illégale de leurs terres par la Couronne lors des guerres territoriales de 1840.
Proche-Orient et monde arabo-musulman
Mars : Échec d’une nouvelle tentative de coup d’état en Azerbaïdjan. L’état d’urgence est prolongé et tous les partis d’opposition sont interdits.
Avril : Décision de la Cour constitutionnelle du Kazakhstan d’invalider le scrutin de mars 1994 pour vices de procédure. Noursoultan Nazarbaïev dissout le Parlement. Lors du référendum d’avril, il obtient le prolongement de son mandat présidentiel jusqu’en 2001.
Les forces rebelles islamistes, basées en Afghanistan, lancent une grande offensive au Tadjikistan au printemps ; leur intention d’établir une tête de pont dans le centre du pays est ressentie comme une menace pesant sur tous les intérêts de la Russie en Asie centrale. Un climat de guerre civile larvée règne sur le pays.
24 septembre : Accords de Taba : Extension de l'autonomie palestinienne à la Cisjordanie (accord signé ensuite à Washington par Arafat et Rabin).
Israël décide de reprendre les négociations au début de l’année, bien qu’il ait donné aux colonies le droit de s’étendre, décision qui entraîne de nouvelles manifestations et de nouveaux attentats. Israël conserverait le contrôle militaire de la Cisjordanie et les territoires sous administration palestinienne s’agrandiraient. Israël propose de définir trois zones : une zone A comprenant les agglomérations palestiniennes, sauf Hébron, soumise à l’autorité palestinienne, une zone B regroupant les villages administré conjointement et une zone C rassemblant les régions peu peuplées et les colonies sous contrôle exclusif israélien. Israël accepte l’élection d’un conseil législatif de 88 membres qui désignerait le conseil exécutif. La perspective d’un accord début juillet entraîne le développement de l’opposition de la droite religieuse israélienne. Les rabbins appellent à la désobéissance civile.
Octobre-décembre : Retrait militaire des Israéliens de sept villes de Palestine à l’exception d’Hébron et de 450 villages arabes.
4 novembre : Assassinat d'Yitzhak Rabin par un jeune extrémiste israélien lors d’une grande manifestation pour la paix à Tel-Aviv. Shimon Peres lui succède à la tête du gouvernement.
13 novembre : Un attentat à la voiture piégée vise des militaires et des civils américains (travaillant pour la Garde nationale séoudienne) à Riyad, faisant sept morts.
Les experts de l’ONU mènent une enquête de plus en plus vaste, entraînant une inférence importante dans les affaires intérieures irakiennes. Les activités gouvernementales sont mises sous contrôle, sous la menace d’une intervention militaire de la coalition. Bagdad finit généralement par céder mais accuse l’UNSCOM d’espionnage. Le désarment de l’Irak progresse. La question nucléaire est rapidement réglée, les derniers missiles détruits, les sites soupçonnés de fabrication placés sous surveillance électronique. À partir de 1995, l’UNSCOM aborde le dossier des armes bactériologiques.
Le maintient de l’embargo associé à la nature dictatoriale du régime entraîne une dégradation de plus en plus visible des conditions de vie de la population (nourriture, soin médicaux, éducation, etc.). Les rapports de l’UNICEF attribuent à l’embargo la mort de 5 à 7000 enfants de moins de cinq ans par mois.