11 décembre : Le gouverneur de la province du Cap, sir Bartle Frere, envoie un ultimatum au roi des ZoulousChettiwayo, l’enjoignant de démobiliser son armée en trente jours. Celui-ci s’empresse de regrouper 30 000 guerriers.
27 décembre : Mort de Jean Laborde à Madagascar. Saisie de ses immeubles et occupation par les Malgaches de la côte de Sambirano, théoriquement protectorat français. Echec des négociations. En 1883, les ports malgaches de Tamatave et de Majunga sont bombardés par la marine française, en réponse aux mesures prise par la reine Ranavalona II aux dépens des terres possédées par le consul français.
La Loi pour la préservation de la Paix (Cape Peace Preservation Act) votée au Cap oblige tous les Africains à rendre leurs armes. Les Sotho refusent de s’exécuter, et la « guerre des fusils » éclate (1879-1881). Le gouverneur en prend prétexte pour déclarer une partie du Basutoland ouverte à la colonisation blanche, ce qui déclenche une insurrection conjointe des Sotho, des gens du Transkei et du Grikaland. L’armée britannique doit se résigner à un compromis en 1881 : les Sotho conservent leurs institutions, leurs terres et leurs armes, ces dernières à condition de demander une licence et de verser une compensation au gouvernement du Cap.
La congrégation des Pères blancs du cardinal Lavigerie accueille à Bagamoyo (aujourd'hui en Tanzanie) une centaine de missionnaires, qui joignent aux deux cents autres déjà installés.
Madagascar : Institution de cours de justice. Démobilisation des vieux soldats dont la plupart sont incorporés dans l’administration comme sokaizambohitra (amis des villages) ou comme antily (vigiles).
Interdiction de la traite des noirs dans les possessions portugaises. Elle se poursuit clandestinement vers le Brésil jusqu’en 1888.
Afrique occidentale
Campagne victorieuse de Samori Touré pour étendre son empire (Guinée actuelle) jusqu’à la mer. Les puissants Cissé défaits, seule la ville de Kankan semble s’opposer à l’expansion irrésistible de Samori Touré.
Accompagné d’un seul africain, l’explorateur français Paul Soleillet se rend de Saint-Louis du Sénégal à Ségou où il conclut un traité de commerce et d’amitié avec le sultan Ahmadou, fils d’El Hadj Omar, chez lequel il séjourne d’octobre 1878 à janvier 1879.
Maghreb
Juin : Au Congrès de Berlin, le représentant britannique déclare ne plus s’opposer à la présence française en Tunisie à la grande irritation du gouvernement italien qui va dès lors s’efforcer d’obtenir pour lui seul le protectorat de la Tunisie.
Lors du Congrès de Berlin, un consul italien tente de briser le monopole de la France sur la construction de lignes télégraphiques en Tunisie en cherchant à obtenir la construction d’une liaison entre Tunis et la Sicile.
En 1879, 500 des 633 vaisseaux entrés dans le port de La Goulette sont italiens.
Une école de l’Alliance israélite universelle est fondée à Tunis avec l’aide financière de l’Association anglo-juive. Il s’ouvre une période de tolérance religieuse, le beyMuhammed al-Saduq faisant don de terres pour la construction d’une synagogue.
31 janvier : Naufrage du Metropolis. Un bateau transportant des travailleurs fuyant la crise, quitte New York pour l’Amérique du Sud et coule au large avec ses passagers.
13 février : traité d'amitié avec Tutuila et Aunu'u. La marine installe une base navale aux Samoa.
28 février : Le Congrès adopte le Bland-Allison Act qui oblige le gouvernement à acheter et à frapper deux à quatre millions de dollars en argent chaque mois.
11 juillet : Hayes s’attaque au système des « dépouilles » (Spoils system) qui consiste à accorder à tout nouvel élu un droit de patronage sur certains postes de fonctionnaires. Il renvoie un protégé du Républicain Roscoe Conkling, Chester Alan Arthur, alors directeur de la Recette des Douanes du port de New York, soupçonné de détournement.
Novembre : Le Greenback Labor Party obtient quatorze élus au Congrès. Les fermiers qui constituent ce parti militent pour la frappe libre de l’argent, pour la prolongation du cours des billets verts (les greenbacks), pour la restriction de l’immigration chinoise et pour la diminution de l’horaire du travail.
Second boom des fermiers sur les Dakota (1878-1885).
Amérique latine
5 janvier, Mexique : Premier numéro du journal La Libertad. Justo Sierra et un groupe d’intellectuels y développent le concept de politique scientifique (1878-1884). Ils proposent, pour mettre fin aux désordres, d’adopter des réformes constitutionnelles visant à renforcer les prérogatives et à prolonger le mandat du président afin de rapprocher le régime d’une dictature.
Mars : Le prince Lucien Napoléon-Bonaparte Wyse obtient du gouvernement colombien une concession pour la construction du canal de Panamá, sur laquelle l'ingénieur Ferdinand de Lesseps, prend une option de 10 millions de francs. Des centaines de milliers d'épargnants français, modestes pour la plupart, vont acheter des parts, sur la foi des prospectus et sur la confiance qu'inspire le perceur du canal de Suez.
85% de la population du Brésil est analphabète (même sans tenir compte des esclaves). Les écoles n’existent pratiquement que dans les villes. Rio de Janeiro tient une place à part (académies, librairies, Bibliothèque nationale).
Océanie
13 février : Traité d’amitié entre les Samoa et les États-Unis qui obtiennent la cession du port de Pago Pago. Enjeu de la rivalité qui oppose Britanniques, Allemands et Américains, les Samoa sont gouvernées par une monarchie incapable de surmonter le chaos créé par la rivalité des impérialismes.
25 juin : Guerre d'Ataï. Soulèvement indigène (Kanaks) en Nouvelle-Calédonie contre les colons français. Groupés dans des réserves, soumis à un régime d’exploitation brutal, les Canaques se révoltent et ne seront soumis qu’au bout d’un an de campagne.
Shir Ali Khan, troisième fils et successeur de Dost Mohammed Khan, provoque l’hostilité des Britanniques en se montrant bienveillant à l’égard de la Russie. Une mission russe est reçue en juin à Kaboul et les deux parties s’accordent sur un traité d’assistance militaire. Prétextant du refus de recevoir une mission anglaise, les Britanniques, qui n’entendent pas concéder à la Russie le moindre avantage dans la région, prennent l’initiative du conflit. En novembre, les forces armées anglo-indiennes envahissent une nouvelle fois l’Afghanistan par la passe de Khyber.
Chine : Le général Zuo Zongtang reconquiert le Tarim et mate l’insurrection musulmane du Xinjiang attisée par les Russes. L’immigration chinoise est tolérée en Mandchourie.
Insulinde : Le district de Benkoulen (Sumatra) est placé sous gouvernement direct par les néerlandais. Création de « conseillers pour les affaires indigènes » aux Indes néerlandaises.
L’Indian Association organise les premières campagnes d’agitation panindiennes.
Ouverture d’un comptoir commercial japonais à Paris.
4 juin : Convention de Chypre. Accord secret entre les Ottomans et la Grande Bretagne : le sultan autorise l’occupation militaire de Chypre par les Britanniques en échange de leur soutien lors de la future conférence internationale.
28 août, Égypte : Sous la pression de ses créanciers, le khédive Isma'il nomme Nubar Pacha à la tête d’un gouvernement dans lequel un Français et un Anglais, membres de la commission de la dette, sont contrôleurs généraux.
Flux de réfugiés musulmans d’Europe vers l’Asie Mineure. Plus d’un million de musulmans quittent les Balkans, l’Anatolie occupée et le Caucase pour se disperser à travers l’Empire ottoman. Afin de contrôler cet exode, Istanbul crée une Commission des immigrants.
Palestine : fondation d’une colonie d’immigrants juifs venus d’Europe à Petah Tikva (porte de l’espoir).
Perse : Après une série de missions britanniques, française, italienne et autrichienne, une équipe d’instructeurs russes est chargée de former l’armée. Un régiment, créé sur le modèle des unités cosaques et encadré par des officiers russes, deviendra l’élément le plus efficace de l’armée persane.
20 février : Bismarck profite de l’élection du pape Léon XIII pour faire la paix avec les catholiques. La plupart des mesures anticléricales sont suspendues dès 1880.
3 mars : Traité de San Stefano mettant fin à la guerre-russo turque à propos des Balkans. Indépendance de la Roumanie, du Monténégro et de la Serbie. Création d’une principauté de Grande Bulgarie autonome dans le cadre de l’empire ottoman, mais soumise à l’influence directe de la Russie. Annexion par la Russie de la Dobroudja et du delta du Danube.
11 juin : Victoire des libéraux aux élections en Belgique. Le 18 juin, le ministèreFrère-Orban nomme un responsable à l’instruction publique chargé de relancer la politique de laïcisation de l’enseignement primaire interrompue par les catholiques.
Les puissances occidentales réduisent le territoire attribué par la Russie à la Bulgarie. La Roumélie orientale reste sous l’autorité politique et militaire du sultan mais obtient l’autonomie administrative.
Les provinces turques de Bosnie et d'Herzégovine sont placées sous administration autrichienne. Les Serbes de Bosnie résistent. Gyula Andrássy, critiqué pour avoir accepté la Bosnie, préfère démissionner.
L’Italie participe au congrès de Berlin et plaide sans succès pour l’acquisition de la province de Trente. Le plénipotentiaire italien revient « les mains propres ».
16 août, Russie : Assassinat par Kravtchinski du général Nikolay Mezentsev, chef de la police politique. Devant la multiplication des attentats, le gouvernement renforce les moyens répressifs.
21 octobre, Allemagne : Bismarck saisit le prétexte d’attentats contre l’empereur pour imposer au Reichstag une loi d’exception (dite du « petit état de siège ») contre les socialistes, qui interdit les groupements socialistes, toute manifestation publique, toute propagande. Les journaux sont saisis, une centaine de militants sont condamnés à des peines d’emprisonnement (1878-1890).
13 novembre : Premier député républicain au Portugal (Rodrigues de Freitas).
Le pape condamne le socialisme. Il demande à Bismarck d’ouvrir les négociations pour mettre un terme à la politique du Kulturkampf engagée en mars 1872.