7-9 mars : Les troupes éthiopiennes infligent deux défaites consécutives aux troupes égyptiennes près de Gura. Yohannès IV s’empare d’une trentaine de canons et de 20 000 fusils modernes Remington. La bataille marque le coup d'arrêt de l’expansionnisme égyptien dans la Corne de l’Afrique.
Tippou Tib rencontre Stanley à Kasongo. Ils organisent ensemble l'expédition. Tippou Tib rebrousse chemin après 50 jours.
Le suffrage universel est accordé à quatre communes « françaises » du Sénégal : Dakar, Saint-Louis, Gorée et Rufisque. Leurs députés siègeront à l’Assemblée nationale.
Traité anglo-omani interdisant la traite continentale en Afrique.
Libye : l'Allemagne envoie un émissaire auprès des Sanussis pour obtenir des voies d’exportation dans le Sahara.
Le sultan Hassan Ier du Maroc se rend à Oujda. Alors que les troubles persistent à la frontière algéro-marocaine, les autorités françaises insistent pour que le Makhzen y crée des postes de fonctionnaires chérifiens.
Fuyant les risques de famine, les Sioux parqués dans les réserves du Dakota partent vers le nord pour rejoindre les camps des rebelles conduits par Sitting Bull (né à Grand River, dans le Dakota du Sud, en 1831). Cette révolte trouve aussi son origine dans les infractions répétées des Blancs à l’égard des traités signés avec les tribus indiennes. Ainsi, pour exploiter des mines d’or, les Black Hills avaient été envahies alors que les Indiens considéraient ces montagnes comme sacrées. Pour rétablir l’ordre, des expéditions militaires sont envoyées contre les Sioux. Après celle de mars 1876, une nouvelle part en mai : les troupes du général Crook (1300 hommes) envahissent le territoire indien.
29 décembre : Le déraillement d'un train à Ashtabula River dans l'Ohio fait 91 victimes.
Mouvement en faveur du bimétallisme. Les fermiers du Greenback Labor Party rejoignent les propriétaires de mines d’argent, victimes de la chute des cours, qui dénoncent le « crime de 1873 ».
10 mars : Dictature militaire qui met fin aux troubles en Uruguay avec Lorenzo Latorre comme gouverneur provisoire (1876-1879), puis président de la République (1879-1880). Pour la première fois, un militaire de carrière et non un caudillo rural va diriger l’Uruguay. Avec le soutien de l’oligarchie foncière et des commerçants exportateurs de Montevideo, la dictateur favorisera l’extension des grandes estancias vouées à l’élevage bovin.
27 août : Marco Aurelio Soto est élu président de la République du Honduras (fin en 1883). Succédant dans un climat d’anarchie au général José Medina, Aurelio Soto réorganise les finances publiques, mise à mal par ce dernier, et mettre en chantier la rédaction d’un Code pénal, d’un Code de procédure et d’un Code du commerce.
Les Indiens Yaqui fondent un État dans le Sonora, au Mexique. Ayant acquis une certaine expérience dans les armées fédérales, ils résisteront pendant dix ans aux troupes de Porfirio Díaz. Leurs incursions dans les haciendas se poursuivront jusqu'au début du XXe siècle.
27 février : Traité de Kanghwa. Les Japonais obligent la Corée à établir des relations diplomatiques avec eux, par la signature d’un traité d’amitié et de commerce, affaiblissant ainsi les liens traditionnels avec la Chine. Dans les faits, il s’agit d’un traité inégal. Plusieurs ports, dont Pusan, sont ouverts au commerce japonais. Les ressortissants japonais bénéficient du privilège d’exterritorialité. La Corée se déclare indépendante de la Chine.
Suppression de la classe des bushi et des rentes des samouraïs.
Le gouvernement japonais interdit le port du sabre et du costume traditionnel. Cette mesure qui vise les samouraïs provoque la révolte d’anciens guerriers de la région de Kumamoto.
Japon : Révolte des paysans japonais déçus par les orientations de la réforme foncière qui consolident la couche des propriétaires fonciers au détriment des couches subalternes.
Chine : Ouverture de la liaison ferroviaire Shanghai-Wusong, par Jardine Matheson & Co. Elle est confisquée par les autorités chinoises qui entreprennent de la démanteler.
21 août : Traité de Zhifu entre la Chine et la Grande-Bretagne (Chefoo Convention), obtenu après la mort d’un Britannique le 21 février 1875, Augustus Raymond Margary, qui avait tenté de pénétrer dans le Yunnan avec 200 soldats : la Grande-Bretagne pourra mener des « investigations commerciales » au Yunnan, ou se rendre en Inde à partir de la Chine intérieure, via le Tibet. Cinq nouveaux ports sont ouverts au commerce britannique.
31 août : Le sort des musulmans pris dans la guerre civile des Balkans pousse la population d’Istanbul à se révolter. Murad V, atteint de troubles mentaux, est déposé et interné. Son frère, Abdülhamid II devient sultan ottoman (fin en 1909).
Banqueroute de l’État égyptien : alors qu’il envoie des contingents rejoindre les armées turques en guerre contre les Russes, le khédiveIsma'il est obligé d’annoncer la faillite du Trésor. Les créanciers européens gèrent désormais les finances nationales placées sous le contrôle commun de la France et de la Grande-Bretagne. Isma’il doit céder 180 000 actions égyptiennes de la Compagnie du canal aux Britanniques qui obtiennent trois sièges au conseil d’administration, où prédomine encore largement la représentation française. La caisse internationale de la dette, à laquelle sont dès lors affectés les impôts de l’Égypte, est composée de quatre commissaires (français, anglais, italien et autrichien) choisis par les créanciers et nommés par le khédive.
23 décembre : Abdül-Hamid II accorde une Constitution à la Turquie en réponse à la pression croissante des puissances européennes. Le Premier ministre Midhat Pasa présente des institutions calquée sur le modèle occidental. Elle prévoie une Chambre haute, dont les membres seront nommés à vie par le Sultan, et une Assemblée, chargée de voter le budget, élue par la population.
Opposition nationaliste arabe aux Ottomans : des intellectuels des provinces arabes de l’empire dénoncent dans des publications diffusées à partir de Londres l’usurpation du titre de calife par les Turcs ottomans et réclament sa restitution à un souverain arabe, qui doit appartenir, selon certains, à la descendance du prophète.
Création du Croissant-Rouge, équivalent musulman de la Croix-Rouge.
Europe
Les chiens de guerre, carricature du journal Punch sur la guerre dans les Balkans publiée le 17 juin
3 avril, Portugal : Fondation du parti républicain lors de l’élection du Directoire républicain démocratique. Fusion des deux courants libéraux dans le parti progressiste.
20 avril : Soulèvement de patriotes en Bulgarie, réprimé dans le sang par les Turcs.
18 mai, Répression du mouvement national Ukrainien : l’oukase d’Ems interdit l’emploi de l’ukrainien dans toutes les publications n’ayant pas un caractère historique ou philologique.
Mai : La ligue des trois empereurs adresse un mémorandum au sultan ottoman le pressant d’accomplir des réformes dans les provinces ottomanes balkaniques.
Mémoire adressé à la Turquie et aux puissances garantes par le gouvernement de Bucarest réclamant la reconnaissance de « l'individualité de l'État roumain » et du nom de Roumanie.
Constitution en Espagne établissant une monarchie parlementaire bicaméraliste (Sénat et Cortes) en vigueur jusqu’en 1923. Échec des Carlistes.
7 juin, Allemagne : formation du Deutschkonservative Partei (parti conservateur), rapprochement du Deutsche Reichpartei et du parti conservateur. Il obtient de 23 à 25% des voix lors des élections au Reichstag.
8 juillet : Entrevue de Reichstadt en Bohême entre les empereurs de Russie et d’Autriche, qui se partagent des zones d’influence dans les Balkans : à l’Autriche, la tutelle de la Serbie et l’annexion de l’Herzégovine, la Russie se réservant la tutelle de la Bulgarie et l’annexion de la Bessarabie et de l’Anatolie orientale. Ils se proposent d’offrir la Thessalie et l’Épire à la Grèce et d’octroyer à Istanbul un statut de ville libre.
Novembre : Mobilisation partielle de l’armée russe contre la Turquie.
5 décembre : Bismarck se prononce pour la neutralité de l’Allemagne dans la guerre des Balkans. Il confirme néanmoins son attachement au respect de l’intégrité de l’Autriche-Hongrie.
Le déficit commercial Britannique atteint 100 millions de livres. Il oscillera en 120 et 180 millions entre 1890 et 1913. Il est largement compensé par la fourniture de capitaux et la prestation de services (fret, assurances, banques).
L'allemand devient la seule langue de l'administration et de la justice du Reich.
Mis en minorité par un vote convergent de la droite et de la gauche (certains députés de droite sont hostiles à la politique d’austérité et à l’intention du gouvernement de nationaliser les chemins de fer), le président du Conseil Marco Minghetti démissionne.
25 mars : La gauche arrive au pouvoir sous la direction d’Agostino Depretis et y reste plus de trente ans. Une réforme électorale est votée, amenant le nombre d’électeurs à deux millions. Pour maintenir un bon fonctionnement parlementaire, Depretis, prévoyant l’émergence de nouvelles classes plus agitées et revendicatives, préfère « rassembler des majorités provenant de tout bord » et forme une large coalition (transformisme).
Mai-juin : Procès à Bologne des chefs « internationalistes » d'organisations ouvrières et anarchistes, tous acquittés. Parmi les accusés, Andrea Costa qui sera le premier député socialiste au Parlement italien.
Novembre : Depretis demande au roi la dissolution de la Chambre et de nouvelles élections pour consolider son pouvoir.
Décembre : Le gouvernement présente au Parlement la loi Coppino sur l’enseignement primaire obligatoire.