L’Égypte impose au Soudan un régime administratif sévère dominé par les « Turcs », al-Turkiyya (la Turquerie), en réalité des gens de langue turque (Albanais, Circassiens, anciens mamelouks ralliés au khédive). Des impôts très lourds payables en nature (bétail et esclaves) sont levés. Des esclaves sont recrutés massivement pour l’armée du khédive et entraînés à Assouan.
Un des motifs de l’expansion égyptienne le long de la vallée du Nil est la traite des esclaves, en particulier pour approvisionner l’armée en soldats. Méhémet Ali compte obtenir annuellement entre 20 et 40 000 hommes par an, mais la traite ne lui en procurera qu’entre 2 et 3 000.
Juillet : La Côte de l'Or (Gold Coast) est déclarée colonie de la couronne britannique.
Le sultan du MarocMulay Slimane envoie une nouvelle expédition militaire contre la zawiya (centre religieux) de Cherrada, qui anime la révolte des Arabes dans la région du Haouz. Il s’agit d’une confrérie de mystiques et de prédicateurs d’inspiration soufie.
Signature de la paix entre Alger et Tunis devant l’influence grandissante des puissances européennes, sous les auspices du sultan ottoman dont la suzeraineté est réaffirmée. La réconciliation reste formelle.
Février, Brésil : À l’annonce de la Révolution libérale au Portugal, la population du Pará dépose le gouverneur. Une junte provisoire est formée le 10 février. À Recife, c’est le gouverneur qui adhère à la Révolution et fait élire des députés à la constituante de Lisbonne. À Rio de Janeiro, le gouvernement tente de gagner du temps et envoie le prince dom Pedro en mission à Lisbonne. Mais la garnison se soulève, dirigée par un avocat, Macamboa. Elle proclame la constitution « telle que les Cortes vienne de la voter ». Le roi Jean VI de Portugal accepte la constitution. La liberté de la presse est proclamée. Le roi part pour Lisbonne le 24 avril, où il fait élire des députés brésiliens aux Cortes, selon le suffrage universel indirect à plusieurs degrés. Cependant, les Cortes de Lisbonne prennent des mesures pour la recolonisation du Brésil. Chaque province brésilienne dépend directement de Lisbonne. Un contre projet présenté pour créer un parlement brésilien provoque une telle confusion que les députés brésiliens décident d’émigrer en Angleterre. Les Cortes ordonnent à dom Pedro de rentrer en Europe et envoient une flotte pour le chercher. Les Brésiliens sont exclus des postes clefs dans l’administration du Brésil. La réaction brésilienne est énergique : conspirations chez les francs-maçons. Parution d’un journal, très violent, contre les Cortes (le Réverbère). Dom Pedro, appuyé par la population, décide de rester à Rio (8janvier1822).
24 février : Proclamation du plan de Iguala au Mexique. Agustín de Iturbide, placé à la tête de l’armée par le vice-roi pour réprimer l’insurrection, s’entend avec les derniers chefs rebelles, en particulier Vicente Guerrero. Le plan Iguala, ou plan des Trois Garanties, prévoit l’indépendance du Mexique, le catholicisme comme religion d’État et l’égalité sans distinction de races.
Retour des ambassadeurs Ottomans dans les capitales européennes, les ambassades ayant étés fermées en 1798 et 1800.
Europe
21 janvier : Réunion des Cortès constituantes au Portugal. L’homme fort de l’assemblée, Manuel Fernando Tomas, créateur de Sinédrio, dirige les travaux de la commission chargée d’élaborer les bases de la constitution, à laquelle Jean VI de Portugal, de retour du Brésil, jurera fidélité en juillet.
8 avril : Intervention des troupes autrichiennes contre l’insurrection libérale piémontaise, qui est vaincue à Novare. L’Ancien régime est restauré par Charles-Félix, duc de Modène. La répression s’ensuit. Silvio Pellico, Federico Confalonieri et des milliers de libéraux et de carbonari sont arrêtés ou fuient le pays.
19 septembre : Bulle papale interdisant la constitution de sociétés secrètes.
Giovan Pietro Vieusseux, entrepreneur protestant d’origine suisse organise l’opposition libérale toscane et fonde à Florence avec ses amis (Gino Capponi, Raffaello Lambruschini, Cosimo Ridolfi) L’Antologia qui cherche à diffuser les idées progressistes parmi l’opinion publique. Leur première préoccupation est l’agriculture, qu’il faut moderniser par des réformes économiques.
4 février : Tudor Vladimirescu gagne l’Olténie d’où il lance un appel à la révolte contre les « boyards tyrans », la proclamation de Padeş. Il est rejoint par de nombreux paysans roumains, les pandours.
28 février/6 mars : Alexandre Ypsilanti venant de Bessarabie entre à Iasi et appelle à la révolte les Grecs de Morée et d’Épire, les Serbes, les Bulgares, et annonce l’intervention imminente des armées du tsar. Vladimirescu marche sur Bucarest avec 8000 hommes et 3 canons tandis que l’armée hetairiste, composée de Grecs, de Bulgares, de Serbes et de Monténégrins entre en Valachie à partir de Galatz. Le tsar condamne comme « révolutionnaire » l’action d’Ypsilanti. Le départ du consul général russe Pini ajoute à la confusion.
25 mars : Insurrection de la Grèce déclenchée par le patriarche de Patras, Germanos, en parallèle à l’intervention ottomane contre Ali Pacha de Janina en 1820. Début de la guerre d'indépendance grecque contre l'Empire ottoman (fin en 1829). Les patriotes répondent à l’appel et obtiennent de nombreux succès. Les klephtes forment le noyau actif du mouvement insurrectionnel, cimenté par la religion orthodoxe mais aussi par les idées de la Révolution française diffusées à partir de l’Illyrie par les armées de Napoléon. Ils piratent et coupent les routes, tandis que le sultan fait pendre le patriarche en habits sacerdotaux le jour de Pâques.
20 avril : Vladimirescu rencontre Ypsilanti et lui interdit l’accès à la ville, lui reprochant d’avoir promis l’intervention russe et mis le pays à la merci des Ottomans. Leurs troupes se séparent ; Ypsilanti se retire vers Tirgoviste tandis que Vladimirescu s’établit à Cotroceni près de la capitale.
27 mai : Vladimirescu et « l’Assemblée du Peuple » évacuent Bucarest et partent vers l’Olténie. Ypsilanti fait arrêter Vladimirescu pour trahison, puis juger à Tirgoviste par un tribunal de la Philiki Etairia. Condamné à mort, il est exécuté le 8 juin. Son armée se disperse en juillet après quelques combats contre les Ottomans, tandis que les hetairistes sont battus et qu’Ypsilanti passe en Autriche où Metternich le fait emprisonner.
5 octobre : Après un long siège, les Grecs prennent Tripolitsa, dans le Péloponnèse, et massacrent la population turque, faisant au moins 8.000 morts.
Le royaume de Pologne compte 35 écoles secondaires ou techniques et 1200 écoles élémentaires, dont les deux tiers se trouvent dans les villages, et réunissent 50 000 écoliers.