12 mai : Louis-Joseph de Montcalm arrive à Québec et devient le subalterne de Vaudreuil. Début de rivalités entre les deux hommes : Montcalm n’aime guère rendre des comptes à Vaudreuil, il ne cherche pas à protéger les frontières avec une rigueur stricte et il ne tient pas à sauver la Nouvelle-France à tout prix, ce que Vaudreuil ne peut accepter, lui qui est né en Nouvelle-France.
18 mai : Début de la Guerre de Sept Ans (Indian War, ou Guerre de la Conquête) entre la France et la Grande-Bretagne (fin en 1763). Effectifs : Français alliés aux Indiens : 900 hommes ; Britanniques 1 850 hommes dont 450 Américains. Les Britanniques disposent de 158 vaisseaux contre 60 environ pour les Français.
10-14 août : Victoire française à la bataille de Fort Oswego près du lac Ontario. Louis-Joseph de Montcalm, allié aux Amérindiens, détruit Fort Oswego puis prend Fort William Henry, sur le Lac George, qui commande la haute vallée de l’Hudson (9 août). Il contrôle la région des Grands Lacs en Amérique du Nord. Le roi autorise Montcalm à mener son armée comme bon lui semble, sans l’accord du gouverneur Vaudreuil.
20 juin : Siraj-ud-daulah, le nouveau nabab du Bengale, qui affirme son indépendance vis-à-vis du pouvoir moghol attaque Calcutta et s'empare du Fort William. 146 Britanniques sont confinés dans un local sans air, le « trou noir ». Les deux tiers meurent asphyxiés.
Les possessions britanniques se limitent alors à un ensemble de ports et de comptoirs répartis en trois résidences : Calcutta, Bombay et Madras.
Durant l’hiver 1755-1756, le gel et la neige causent un « dzoud » : les animaux sont décimés et une épidémie de variole emporte les gens.
Le khan de DzoungarieArmousana fait de nouveau appel à l’aide des Kazakhs d’Ablaï khan. Vaincus par les troupes mandchoues, ils pillent la Dzoungarie. Armousana échoue également dans ses efforts de gagner l’alliance de Catherine II de Russie. Peu de nobles oïrats le soutiennent, et le peuple des arates est lassé de la guerre.
Pendant la guerre contre la Dzoungarie, les khanats khalkhas sont devenus le terrain d’opération des armées mandchoues, ce qui provoque le mécontentement des arates comme celui des seigneurs laïques et ecclésiastiques. Les peuples des aïmaks frontaliers de Khanal djasaktou et saïn-noïon ont évacués leurs territoires pour lutter contre l’occupant et contre leurs seigneurs. Les soulèvements anti-Mandchous sont soutenus par des personnalités ecclésiastiques tel le deuxième koutouktou d’Ourga (le Bogdo Gegen) dont le frère Rintchindordji est emmené à Pékin et exécuté par avoir participé au soulèvement d’Armousana. Devant le mécontentement croissant des mongols aggravé par la rigueur de l’hiver, l’empereur Mandchou autorise le chef de l’Église et le touchétou à quitter Pékin et à regagner Ourga avec le corps de Rintchindordji.
En juillet, un chef de deux régiments au service des Mandchous, Tchingoudjav, qui stationnait en Dzoungarie, traverse la frontière pour regagner son campement dans la région de Heuvsgeul (Koubsougoul) et se révolte contre l’empire Mandchou. Le soulèvement est rapidement maté et Tchingoudjav est exécuté.
16 janvier : Traité de neutralité de Westminster entre la Prusse et la Grande-Bretagne, qui prévoit qu’en cas d’agression le Hanovre serait couvert par les troupes prussiennes. Ce traité remet en question l’équilibre diplomatique, l’Autriche se trouvant, par Grande-Bretagne interposée, alliée de la Prusse et de la Russie. Elle cherche un rapprochement avec la France.
12 avril : La France envahit Minorque aux mains des Britanniques.
29 août : L’armée prussienne envahit la Saxe dont le roi doit capituler à la bataille de Pirna malgré l'intervention des Russes.
L’attaque de la Saxe en août puis de l’Autriche par la Prusse déclenche les hostilités sur le continent. L’armée autrichienne (130 000 hommes), l’armée russe (120 000), l’armée française (130 000), l’armée du Saint Empire (armée des Cercles) et l’armée suédoise interviennent contre les 150 000 hommes de Frédéric II de Prusse et les 55 000 Britanniques du Hanovre. Louis XV doit intervenir pour éviter l’écroulement de l’Autriche.
Novembre-décembre : William Pitt, partisan d’une guerre maritime et coloniale à outrance contre la France, démissionne pour protester contre l’engagement sur le continent. Il est appelé en novembre suite aux défaites militaires. Il partage le pouvoir avec Newcastle et Fox. Lui-même dirige la conduite de la guerre selon son programme de réveil national. La direction de l’Amirauté est confiée à l’amiral Anson, qui tient à bloquer les littoraux ouest et sud de la France.
16 octobre : Encyclique mettant fin à l'affaire des billets de confession.
Stainville (Choiseul), ambassadeur à Rome depuis 1753, obtient du pape Benoît XIV l’encyclique Ex omnibus, modérée vis à vis des jansénistes. Elle supprime le caractère obligatoire des billets de confession, moyennant quelques exigences d’ordre spirituel, que le prêtre aura charge de faire connaître au mourant. Les parlements récusent l’encyclique, qu’ils « suppriment » pour vice de forme.
Décembre : Le roi, décidé à mettre fin à la révolte des magistrats, contraint le Parlement de Paris à enregistrer des édits le privant de tous moyens d’action. Les parlementaires ripostent une nouvelle fois par la grève. Le haut clergé, qui continue à soutenir le principe des billets de confession, se divise en deux groupes : les « Feuillants », majoritaires et modérés, menés par le cardinal de la Rochefoucauld ; les « Théatins », minoritaires et extrémistes. Le roi, qui souffre de son impopularité, est déprimé par l'aggravement de la crise.
Affaire du terrier de Guyenne : l’intendant de BordeauxTourny tente de récupérer les récents terroirs viticoles des Graves, pris sur les alluvions du fleuve, juridiquement propriétés du roi. Le Parlement de Bordeaux réplique par la grève de la justice, soutenu par le Parlement de Rouen.
La Cour des aides de Montauban s’oppose à la corvée et obtient le départ de l’intendant Lescalopier, grand maître de la construction des chemins de la circonscription.
Pologne : Une assemblée de rabbins réunit à Brody condamne les disciples Jacob Frank, qui s’était proclamé rédempteur des Juifs, ainsi que les adeptes du « Messie » Shabbetaï Zevi (cf. 1666). Jacob Frank et les Frankistes se convertissent au christianisme.
Joseph Black identifie l’« air fixe » (dioxyde de carbone) qui se dégage des calcaires attaqués par l’acide ou provenant de la respiration d’un animal.
Josiah Wedgwood (1730-1795) fonde la manufacture de vaisselle d’Etruria à Burlem (Staffordshire). Il vend dans le monde entier des céramiques à l’antique.
Au plus fort de la guerre de Sept Ans, les dépenses de l’État français montent à 1800 tonnes d’équivalent argent par an. Les revenus nets à 700 tonnes. Il faut recourir à l’emprunt. Le pays, en bonne santé économique, se tire de l’épreuve, bien que le négoce colonial (Compagnie des Indes, Bordeaux) s’effondre. Les exportations se maintiennent à un plancher de 170 où 180 millions de livres par an (240 millions en 1748-1756), pour remonter avec vigueur dès le retour de la paix (1764). Le marché intérieur se défend, la production céréalière se porte bien, avec des prix relativement élevés, portés par les achats de l’intendance. La guerre maritime favorise le transport terrestre. L’industrie lainière plafonne mais ne s’effondre pas, pour repartir à la hausse après 1763.